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| Jésus appelant Pierre à le suivre |
Je n'ai pas été en mesure de produire des articles ces dernières semaines. En effet, je fais face à quelques ennuis au sein de ma famille qui ont accaparé toute mon attention. Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont encouragé par leur message pour ce blog. Cela me touche beaucoup et me pousse à continuer les réflexions sur l'esprit salutiste.
Nous avons vu lors du dernier article que si nous étions « Sauvés pour Servir », c'est pour servir le Christ, avant toute chose. J'aimerais que nous nous posions la question de la nature exacte de ce service. Que signifie « servir le Christ » ?
Je suis frappé en entendant de nombreux salutistes me parler de leur engagement, de l'absence de la notion d'appel (ou de vocation). Chez les jeunes générations, il y a même un quasi-rejet de l'appel, considéré comme une entrave à la volonté de gérer sa vie au service du Seigneur comme on l'entend ! Soit on devient soldat dans la simple continuité de notre engagement au poste ou par simple "désir" de devenir salutiste. Soit on ne prend pas l'engagement de soldat, considérant qu'on n'a pas besoin de devenir soldat pour être engagé au poste.
Et même les soldats se préparant au ministère d'officier font état d'un projet bien ficelé pour arriver jusqu'à leur consécration afin d'optimiser leur parcours (étude, expérience professionnelle, lieu de formation, …). On a souvent plus affaire à de la "gestion de carrière" qu'à une réponse à un appel (ou à la mise à disposition de sa vie entière pour la mission de l'Armée) – et la notion de consécration s'en retrouve très affaiblie (voire inexistante).
La disparition de cette notion d'appel pose un problème de fond : en effet, elle témoigne d'une volonté profonde de l'être humain à vouloir gérer lui-même sa vie, indépendamment de Dieu, ce qui relève du péché. Car même si l'on gère sa vie « pour le service et la gloire de Dieu », il n'en reste pas moins que c'est notre volonté que l'on recherche plutôt que celle de Dieu (la volonté de Dieu n' étant ici que la nôtre déguisée). D'ailleurs un serviteur qui commence par vouloir gérer lui-même sa vie commence très mal son service. Oui, « servir » est avant tout une réponse à un appel du Christ à Le servir. Tout le reste n'est que du vent ! Tout autre fondement du service est une erreur spirituelle profonde.
L'appel est trop souvent perçu comme un événement dans notre passé. Mais c'est une erreur à mon avis. Bien sûr, nous pouvons avoir ce(s) moment(s) où nous prenons conscience de l'appel du Maître à Le servir. Mais cet appel ne vient pas du passé, il est devant nous. Jésus nous précède déjà, il a déjà ouvert la route, déjà préparé le chemin. L'appel vient toujours de devant nous (Mc 16,7). Ce n'est jamais dans notre passé que nous rencontrons vivant Celui qui nous appelle. Comme nous le rappelle les Ordres et Règlements pour Soldats : En dépit des dangers et des épreuves, le soldat garde l'assurance qu'il s'achemine vers la gloire.(O&R pour Soldats, Ch. 12, sect. 7, Art. 1)
Au fond, comme disait Bernanos, il y a deux positions :
- celui de l'ambassadeur de Dieu : Celui qui va se battre pour l'honneur de Dieu (ou pire encore, pour l'honneur de son Église). Alors celui-ci ressemble à Pierre expliquant à Jésus qu'il va se battre « jusqu'au bout » pour Lui… et qui va finir par le renier 3 fois avant que le coq ne chante.
- celui du serviteur du Christ, qui ne fait que répondre à l'appel du Maître à Le suivre (bien maladroitement) sur ce chemin qu'Il a lui-même préparé.
Et la différence est de taille, car quand survient le combat, toute notre « bonne volonté » à défendre l'honneur de Dieu ne vaut souvent plus grand-chose. Quand le combat fait rage et quand même notre foi vacille, il ne nous reste plus rien… plus rien que cet appel du Maître auquel nous accrocher. Cet appel est l'ancre à laquelle nous revenons sans cesse.
Alors, avant d'aller « servir le Christ » comme bon nous semble, rappelons-nous que « l'esclave n'est pas plus grand que son maître » (Jn 15,20) et sachons garder les yeux fixés sur Celui qui nous appelle… c'est là que nous Le rencontrerons et que nous apprendrons à Le servir.
La suite au prochain épisode... mais n'hésitez pas à régir.
Nous avons vu lors du dernier article que si nous étions « Sauvés pour Servir », c'est pour servir le Christ, avant toute chose. J'aimerais que nous nous posions la question de la nature exacte de ce service. Que signifie « servir le Christ » ?
Je suis frappé en entendant de nombreux salutistes me parler de leur engagement, de l'absence de la notion d'appel (ou de vocation). Chez les jeunes générations, il y a même un quasi-rejet de l'appel, considéré comme une entrave à la volonté de gérer sa vie au service du Seigneur comme on l'entend ! Soit on devient soldat dans la simple continuité de notre engagement au poste ou par simple "désir" de devenir salutiste. Soit on ne prend pas l'engagement de soldat, considérant qu'on n'a pas besoin de devenir soldat pour être engagé au poste.
Et même les soldats se préparant au ministère d'officier font état d'un projet bien ficelé pour arriver jusqu'à leur consécration afin d'optimiser leur parcours (étude, expérience professionnelle, lieu de formation, …). On a souvent plus affaire à de la "gestion de carrière" qu'à une réponse à un appel (ou à la mise à disposition de sa vie entière pour la mission de l'Armée) – et la notion de consécration s'en retrouve très affaiblie (voire inexistante).
La disparition de cette notion d'appel pose un problème de fond : en effet, elle témoigne d'une volonté profonde de l'être humain à vouloir gérer lui-même sa vie, indépendamment de Dieu, ce qui relève du péché. Car même si l'on gère sa vie « pour le service et la gloire de Dieu », il n'en reste pas moins que c'est notre volonté que l'on recherche plutôt que celle de Dieu (la volonté de Dieu n' étant ici que la nôtre déguisée). D'ailleurs un serviteur qui commence par vouloir gérer lui-même sa vie commence très mal son service. Oui, « servir » est avant tout une réponse à un appel du Christ à Le servir. Tout le reste n'est que du vent ! Tout autre fondement du service est une erreur spirituelle profonde.
L'appel est trop souvent perçu comme un événement dans notre passé. Mais c'est une erreur à mon avis. Bien sûr, nous pouvons avoir ce(s) moment(s) où nous prenons conscience de l'appel du Maître à Le servir. Mais cet appel ne vient pas du passé, il est devant nous. Jésus nous précède déjà, il a déjà ouvert la route, déjà préparé le chemin. L'appel vient toujours de devant nous (Mc 16,7). Ce n'est jamais dans notre passé que nous rencontrons vivant Celui qui nous appelle. Comme nous le rappelle les Ordres et Règlements pour Soldats : En dépit des dangers et des épreuves, le soldat garde l'assurance qu'il s'achemine vers la gloire.(O&R pour Soldats, Ch. 12, sect. 7, Art. 1)
Au fond, comme disait Bernanos, il y a deux positions :
- celui de l'ambassadeur de Dieu : Celui qui va se battre pour l'honneur de Dieu (ou pire encore, pour l'honneur de son Église). Alors celui-ci ressemble à Pierre expliquant à Jésus qu'il va se battre « jusqu'au bout » pour Lui… et qui va finir par le renier 3 fois avant que le coq ne chante.
- celui du serviteur du Christ, qui ne fait que répondre à l'appel du Maître à Le suivre (bien maladroitement) sur ce chemin qu'Il a lui-même préparé.
Et la différence est de taille, car quand survient le combat, toute notre « bonne volonté » à défendre l'honneur de Dieu ne vaut souvent plus grand-chose. Quand le combat fait rage et quand même notre foi vacille, il ne nous reste plus rien… plus rien que cet appel du Maître auquel nous accrocher. Cet appel est l'ancre à laquelle nous revenons sans cesse.
Alors, avant d'aller « servir le Christ » comme bon nous semble, rappelons-nous que « l'esclave n'est pas plus grand que son maître » (Jn 15,20) et sachons garder les yeux fixés sur Celui qui nous appelle… c'est là que nous Le rencontrerons et que nous apprendrons à Le servir.
La suite au prochain épisode... mais n'hésitez pas à régir.

Tu ecris:"
RépondreSupprimerEt même les soldats se préparant au ministère d'officier font état d'un projet bien ficelé pour arriver jusqu'à leur consécration afin d'optimiser leur parcours (étude, expérience professionnelle, lieu de formation, …). On a souvent plus affaire à de la "gestion de carrière" qu'à une réponse à un appel (ou à la mise à disposition de sa vie entière pour la mission de l'Armée) – et la notion de consécration s'en retrouve très affaiblie (voire inexistante)."
Mais alors, ne seraient instruits, diplômés que ceux qui auraient eu un appel après s'être formé ??
Dès lors qu'on aurait été appelé on devrait se donner et ne pas se former sous pretexte davoir un plan de carrière ?
Je comprends que tu trouves mes propos un peu « tranchants » face à une spiritualité plutôt tiède dans notre armée aujourd'hui. Toutefois, en réaction, tu as tendance à caricaturer et à déformer mes propos.
Supprimer1) je n'ai jamais écrit que répondre à un appel était incompatible avec la question de la formation. Je ne prêche absolument pas la « sainte ignorance ». Et je trouve même que la formation salutiste est plutôt défaillante dans l'Armée aujourd'hui.
2) Je maintiens qu'aujourd'hui, on a plutôt un « désir» de devenir soldat/officier qu'une réponse à un appel radical. En conséquence, la question aujourd'hui que se posent les personnes (à tous les niveaux) est : comment intégrer mon désir de devenir officier/soldat avec ma vie ? Il ne s'agit plus d'abandonner nos filets pour Le suivre.
3) Je maintiens également l'idée que, de plus en plus, on veut garder le contrôle de nos vies et ne plus les abandonner à Dieu. On se cache derrière de beaux slogans (pour la gloire de Dieu ou l'avenir de l'Armée), plus qu'abandonner nos vies à Dieu pour qu'il les transforme et les dirige. On veut être « utile » pour Dieu ou l'Armée… C'est spirituellement tout à fait discutable ! Nous devrions méditer l'exemple de Brengle qui arrive à l'Armée avec son beau doctorat de théologie pour être « utile » à l'Armée et qui se retrouve à cirer des chaussures. La leçon spirituelle qu'il a apprise à ce moment l'a radicalement transformé (lui et son enseignement)… celle du serviteur humble et inutile. Répondre à un appel, c'est déjà commencer par admettre que nous ne savons pas très bien dans quoi nous nous engageons, où nous allons, ce qui est « utile » ou non pour le Seigneur.
4) Tu as tendance à confondre le fond et la forme dans mes propos. Bien sûr que la question de la formation est un point important. C'est la question de l'attitude spirituel de fond que je questionne et ça, je le constate de plus en plus.
N'est on pas consacré parce qu'on se prépare à être officier??
RépondreSupprimerTu ecris:"Car même si l'on gère sa vie « pour le service et la gloire de Dieu », il n'en reste pas moins que c'est notre volonté que l'on recherche plutôt que celle de Dieu (la volonté de Dieu n' étant ici que la nôtre déguisée). "
Peut-être as tu constaté cela autour de toi.... Mais je ne generaliserais pas. On peut répondre à l'appel de Dieu en se formant, en organisant sa vie au mieux pour mieux le servir sans pour autant se faire passer soi même en premier. Avec l'aide de l'Esprit Saint qui nous guide et nous inspire on peut entamer une formation qui nous aidera dans notre ministère sans pour autant être taxé d'arriviste ou carrieriste.. non?!
C'est etrange comme à chaque fois que je te lis quelque chose me dérange...
RépondreSupprimerJ'aimerais réagir tardivement à ce post: l'attitude du serviteur (que nous retrouvons chez Brengle) a disparu en effet pour une attitude d'ambassadeur. Ambassadeur d’ailleurs qui a aussi sa gestion de carrière: on défend l'honneur de Dieu devant les amis puis on rêve de se retrouver en tribune présidentielle pour convertir les plus hauts dirigeants mondiaux.
RépondreSupprimerLe problème de la gestion de carrière se retrouve aussi au sein de la façon de gérer le corps des officiers: dans nos imaginaires, il y a une hiérarchie des postes et des fonctions. Nous devons commencer par un petit poste, en avoir un moyen puis continuer sur un grand poste. Et cela devient pire quand on "monte" dans les fonctions: divisionnaire, état major de territoire: on ne peut plus redescendre !!!! C'est mal vu !
Qu'appelle-t-on un "petit" poste ? Par le nombre de personnes au culte le dimanche, par le budget, par la présence d'un(e) salarié(e), par le nombre d'activités, par l'ancrage et le fait d'être en vue dans la ville ?
Le souci est que le ministère se résume à "faire tourner" la machine, à maintenir les activités avec un nombre acceptable de personnes présentes. Il faut présenter un bilan acceptable: non pas pour espérer un meilleur poste mais pour ne pas en avoir un pire, personnellement, cela me bloque dans le fait de tenter de nouvelles choses, pousser le bouton "reset" de certaines de nos activités qui ont perdu de l'aura salutiste, c'est-à-dire qu'elles ne sont plus là pour partager le message d'Amour de Dieu mais le message d'amour d'hommes de Dieu, elle ne sont plus là pour parler de changement de vie mais de se rassurer sur la vie. La différence est subtile mais j'avoue parfois y réfléchir au moment de préparer les activités, c'est parfois là que je commet un péché. Pour rappel péché veut dire manquer la cible, Et en tant que soldat/officier de l'Armée du Salut, quel est ma cible ? De bercer ou de déranger au risque de voir des gens partir ? Et si des gens partent, cela ne devrait-il pas être un appel d'air pour en chercher d'autres dans la rue ?
je me souvins de l'anecdote de notre professeur de vie spirituelle: un vieux major arrivait au conseil des officiers de la division en se plaignant que tous ces camarades de session étaient au moins divisionnaires ou à l'étranger et pas lui. Il n'arrivait à se défaire de cela et il tournait en rond.